
{"id":460,"date":"2022-06-24T21:52:23","date_gmt":"2022-06-24T21:52:23","guid":{"rendered":"https:\/\/postulat.org\/fr\/?p=460"},"modified":"2022-06-24T21:56:00","modified_gmt":"2022-06-24T21:56:00","slug":"la-transformation-du-regard-sur-lart-au-xviiieme-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/postulat.org\/fr\/la-transformation-du-regard-sur-lart-au-xviiieme-siecle\/","title":{"rendered":"La transformation du regard sur l\u2019art au XVIII\u00e8me si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La transformation du regard sur l\u2019art est ins\u00e9parable du d\u00e9veloppement des espaces publiques qui pr\u00e9sentaient les \u0153uvres comme exposition dans les salons au XVIII\u00e8me si\u00e8cle. Jusque-l\u00e0, la peinture \u00e9tait faite pour \u00eatre vue, mais pas pour \u00eatre regard\u00e9e comme nous la regardons aujourd\u2019hui. Dans une \u00e9glise, le tableau \u00e9tait non seulement un objet du regard, mais aussi un objet d\u2019\u00e9motion. Il est fait pour susciter le sentiment religieux. Un tableau dans un palais \u00e9tait fait pour soulever les sentiments politiques. On y admire la croissance, la puissance royale, la beaut\u00e9 d\u2019\u00e9difice. Donc, ce ne sont pas simplement des objets du regard pur. Ce sont des objets de contemplation. Aujourd\u2019hui, les \u0153uvres d\u2019art ne sont pas li\u00e9es \u00e0 l\u2019espace religieux, \u00e0 l\u2019espace politique, \u00e0 l\u2019espace dans lequel notre corps d\u00e9place pour manger ou dormir. Ce sont des objets du go\u00fbt qui font abstraction du monde ext\u00e9rieur. C\u2019est un changement dans le rapport du corps du spectateur \u00e0 l\u2019objet d\u2019art. La peinture devient un objet d\u2019exposition dans le mus\u00e9e qui a enti\u00e8rement chang\u00e9 les conditions du regard sur l\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La position du spectateur est construite non seulement par le d\u00e9placement de l\u2019objet d\u2019art ou par la r\u00e9flexion sur l\u2019art, mais aussi par l\u2019art lui-m\u00eame. La mani\u00e8re d\u2019inclure ce qui est \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la repr\u00e9sentation est repr\u00e9senter le reflet du point de vue sur le tableau par le miroir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur dans le tableau. L\u2019autre jeu avec repr\u00e9sentation est une id\u00e9e de peindre les figures indiff\u00e9rentes. Ils ne regardent pas ce que nous regardons. On peut aussi mettre en sc\u00e8ne les spectateurs qui se situent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019histoire. Ils admirent ou regardent mais ils ne font pas partie de ce qui se passe dans le tableau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En conclusion, le d\u00e9veloppement de la presse p\u00e9riodique en France au XVIII\u00e8me si\u00e8cle anime le public \u00e0 faire un certain emploi critique de la raison. Jean-Baptiste Dubos rejoint ce mouvement en offrant un nouveau type de discours qui n\u2019existait pas du tout auparavant. Ce discours sur l\u2019art n\u2019est pas un discours d\u2019artiste, mais un discours des gens qui sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 l\u2019art. Dubos r\u00e9examine&nbsp;\u00ab&nbsp;sens&nbsp;\u00bb, en traduisant une conception essentiellement individualiste, celle du \u00ab&nbsp;sixi\u00e8me&nbsp;sens&nbsp;\u00bb. Un sens sans organes ou un sens esth\u00e9tique qui nous fait admirer l\u2019imitation des objets d\u2019art. Ainsi, l\u2019id\u00e9e du jugement de go\u00fbt comme le jugement sans int\u00e9r\u00eat transforme le regard sur l\u2019art et la position du spectateur d\u2019une mani\u00e8re fondamentale.&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Jean-Baptiste Dubos, <em>R\u00e9flexions critiques sur la po\u00e9sie et sur la peinture<\/em>, 1719<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La transformation du regard sur l\u2019art est ins\u00e9parable du d\u00e9veloppement des espaces publiques qui pr\u00e9sentaient les \u0153uvres comme exposition dans les salons au XVIII\u00e8me si\u00e8cle. Jusque-l\u00e0, la peinture \u00e9tait faite pour \u00eatre vue, mais pas pour \u00eatre regard\u00e9e comme nous la regardons aujourd\u2019hui. 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