
{"id":346,"date":"2020-07-24T14:12:06","date_gmt":"2020-07-24T14:12:06","guid":{"rendered":"https:\/\/postulat.org\/fr\/?p=346"},"modified":"2020-09-05T14:13:12","modified_gmt":"2020-09-05T14:13:12","slug":"le-discours-sur-la-physiognomonie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/postulat.org\/fr\/le-discours-sur-la-physiognomonie\/","title":{"rendered":"Le discours sur la physiognomonie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La physiognomonie traite du rapport entre les qualit\u00e9s int\u00e9rieures et la figure ext\u00e9rieur. Tout l\u2019ext\u00e9rieur est l\u2019expression de l\u2019int\u00e9rieur. Toutes les qualit\u00e9s de l\u2019\u00e2me et de l\u2019Esprit s\u2019expriment par quelques traits au dehors. La physiognomonie a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s connue au XIXe si\u00e8cle, en particulier, avec les th\u00e8ses du criminologue Lambroso sans son ouvrage <em>L\u2019Homme criminel<\/em>. Cette pseudoscience a \u00e9t\u00e9 profondement critiqu\u00e9e par le corps m\u00e9dical, scientifique et, notamment, par des philosophes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hegel est l\u2019un des philosophes qui se livrent \u00e0 une critique de la physiognomonie. Pour lui, la physiognomonie cherche la conscience de soi o\u00f9 elle ne peut pas \u00eatre, dans le corporel, ses manifestations ext\u00e9rieures. Il n\u2019y a pas de stricte \u00e9quivalence n\u00e9cessaire entre la conscience et ses manifestations. L\u2019\u00e2me n\u2019est pas r\u00e9ductible \u00e0 ses manifestations corporelles. Par exemple, un m\u00eame \u00e9tat de la conscience peut avoir les manifestations diverses ou deux \u00e9tats diff\u00e9rents de la conscience peuvent avoir la m\u00eame manifestation. Donc, l\u2019erreur de la physiognomonie est de pr\u00e9tendre d\u00e9chiffrer une int\u00e9riorit\u00e9, les signes d\u2019une int\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 les \u00e9checs, le caract\u00e8re chim\u00e9rique de l\u2019interpr\u00e9tation du visage, la physiognomonie reste int\u00e9ressante. Selon Gombrich, le travail du peintre vers l\u2019essentiel consiste au d\u00e9chiffrage de l\u2019identit\u00e9 \u00e0 travers le processus de sch\u00e9ma et correction. Cette adaptation au d\u00e9tails caract\u00e9ristiques de l\u2019image r\u00e9elle permet l\u2019artiste de partir d\u2019une id\u00e9e ou d\u2019un concept et non pas d\u2019une impression visuelle. Or, la physiognomonie aide \u00e0 comprendre des traits sch\u00e9matiques et des visages qui sont simplifi\u00e9s aux types. Pour expliquer ce qu\u2019on entend par sch\u00e9ma dans l\u2019ordre de la repr\u00e9sentation scientifique, il est int\u00e9ressant de partir de la vogue du portrait en silhouette. Le terme silhouette est d\u00e9fini comme un dessin au trait de profil, suivant l\u2019ombre, projet\u00e9 par un corps ou un visage. Pour Lavater, la silhouette est l\u2019image la plus fid\u00e8le, puisqu\u2019elle est reproduction imm\u00e9diate de la nature. Elle est comme la structure fiable qu\u2019on peut d\u00e9chiffrer parce qu\u2019elle rende l\u2019observation permanente. Elle est pr\u00e9cise, facile et simple. Lavater constate que la physiognomonie n\u2019a pas de preuve plus s\u00fbre de sa v\u00e9rit\u00e9 objective que des silhouettes. Alors que pour Lavater la silhouette est le portrait le plus fid\u00e8le, pour Topffer, la silhouette et la physiognomonie en g\u00e9n\u00e9ral sont les moyens de faire surgir un caract\u00e8re d\u00e9termin\u00e9 d\u2019une personne. N\u2019importe quel dessin du visage poss\u00e8de un caract\u00e8re d\u00e9termin\u00e9 que le spectateur incline identifier. Cela explique la spontan\u00e9it\u00e9 de jugement qui peut \u00eatre trompeuse. Comme Topffer, Diderot souligne qu\u2019il faut \u00e9tablir une distinction entre le caract\u00e8re in\u00e9vitable du d\u00e9chiffrage de l\u2019interpr\u00e9tation et son caract\u00e8re infaillible. En d\u2019autres mots, on ne peut pas appliquer cette cognition et classement infaillible dans le processus artistique. Donc, l\u2019imitation directe et imm\u00e9diate de la nature est une utopie puisque aucun bon portraitiste ne pourrait parvenir \u00e0 cette production.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En conclusion, il ne faut pas chercher la science dans la physiognomonie. Pourtant, malgr\u00e9 la critique de la physiognomonie il est vrai qu\u2019elle manifeste une part de v\u00e9rit\u00e9. La physiognomonie apparait comme un code artistique, une mani\u00e8re d\u2019interpr\u00e9tation du visage.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Cesare Lombroso, <em>L\u2019homme criminel<\/em>. \u00c9tude anthropologique et m\u00e9dico-l\u00e9gale, 1887<\/li><li>E.H. Gombrich, <em>The Mask and the Face: The Perception of Physiognomic LIkeness in Life and in Art<\/em>, &nbsp;Phaidon, Oxford, 1982<\/li><li>Hegel, Ph\u00e9nom\u00e9nologie de l&rsquo;esprit, 1807<\/li><li>Lavater, <em>Physiognomische Fragmente zur Bef\u00f6rderung der Menschenkenntnis und Menschenliebe<\/em>, 1775<\/li><li>Rodolphe T\u00f6pffer, <em>Essai de physiognomonie<\/em>, 1845<\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La physiognomonie traite du rapport entre les qualit\u00e9s int\u00e9rieures et la figure ext\u00e9rieur. Tout l\u2019ext\u00e9rieur est l\u2019expression de l\u2019int\u00e9rieur. 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