
{"id":188,"date":"2020-07-20T13:43:56","date_gmt":"2020-07-20T13:43:56","guid":{"rendered":"https:\/\/postulat.org\/fr\/?p=188"},"modified":"2022-06-23T09:21:40","modified_gmt":"2022-06-23T09:21:40","slug":"les-raisons-de-lart-de-jacqueline-lichtenstein","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/postulat.org\/fr\/les-raisons-de-lart-de-jacqueline-lichtenstein\/","title":{"rendered":"Les Raisons de l\u2019art de Jacqueline Lichtenstein"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>\u00ab\u2009On ne fait pas de la peinture avec des id\u00e9es.\u2009\u00bb <\/em><br><em>Jacqueline Lichtenstein<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les Raisons de l\u2019art<\/em> de Jacqueline Lichtenstein est une tentation de repenser l\u2019esth\u00e9tique d\u2019aujourd\u2019hui priv\u00e9e de son objet et de contenu artistique. Il y a deux mani\u00e8res de concevoir le mot esth\u00e9tique, invent\u00e9 au XVIII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Soit nous concevons l\u2019esth\u00e9tique comme une th\u00e9orie de l\u2019art au sens Baumgarten ou hegelien [1]. Il s\u2019agit de la r\u00e9flexion philosophique qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e dans le champ artistique. Soit il y a une mani\u00e8re kantienne et post-kantienne de concevoir l\u2019esth\u00e9tique comme une th\u00e9orie du jugement esth\u00e9tique. Au sens stricte, l\u2019esth\u00e9tique kantienne est une esth\u00e9tique transcendantale qui n\u2019a rien avoir avec des objets qu\u2019on appelle esth\u00e9tiques [2]. Nous pouvons, par exemple, \u00e9crire des ouvrages d\u2019esth\u00e9tique sans aucune r\u00e9f\u00e9rence aux questions d\u2019art. Ces deux usages tr\u00e8s diff\u00e9rents du mot esth\u00e9tique montrent qu\u2019il y a une sorte de tension entre l\u2019histoire de l\u2019art et la philosophie. Le proc\u00e8s fait \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique depuis le XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle a abouti \u00e0 une ambig\u00fcit\u00e9 de l\u2019utilisation du mot esth\u00e9tique comme une discipline philosophique, et non pas comme un r\u00e9gime d\u2019identification sp\u00e9cifique de l\u2019art. Lichtenstein s\u2019oppose donc \u00e0 cette tyrannie de la philosophie qui postule l\u2019absence d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e d\u2019art dans la r\u00e9flexion esth\u00e9tique. En se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 Schlegel, Lichtenstein cite que la philosophie de l\u2019art manque ou bien philosophie, ou bien l\u2019art [3]. A cet \u00e9gard, elle fait le choix de l\u2019art contre la philosophie pour s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 de ce mode de pens\u00e9e qu\u2019on ne peut pas juger simplement \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un certain nombre des th\u00e9ories sp\u00e9culatives. Pourtant, il ne s\u2019agit pas d\u2019abandonner l\u2019esth\u00e9tique comme une invention philosophique. Il s\u2019agit de r\u00e9concilier la r\u00e9flexion philosophique avec la connaissance de l\u2019art \u00e0 condition de rompre avec cette autonomie de la th\u00e9orie par rapport au monde de l\u2019exp\u00e9rience pratique. Dans ce cas, s\u2019\u00e9loigner de l\u2019esth\u00e9tique en travaillant sur des objets et des textes de l\u2019histoire d\u2019art signifierait choisir une m\u00e9thode pour des raisons philosophiques. Autrement dit, le philosophe doit reconnaitre la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tudier des pratiques artistiques \u00ab&nbsp;\u2026pour accepter d\u2019\u00eatre philosophiquement travaill\u00e9, inqui\u00e9t\u00e9, interrog\u00e9, bouscul\u00e9, voire brutalis\u00e9 par l\u2019art&nbsp;\u00bb [4].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me souviens de ma visite \u00e0 une grande exposition de l\u2019art contemporain \u00e0 Bruxelles l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, apr\u00e8s laquelle j\u2019ai reconsid\u00e9r\u00e9 mon approche philosophique de l\u2019art. La plupart des objets d\u2019art contemporain que j\u2019ai vu \u00e0 l\u2019Art Brussels \u00e9taient des objets du quotidien \u00e9tranges, modifi\u00e9s, banals. J\u2019y observais non seulement une coupure nette entre l\u2019artiste et le public, mais aussi entre le discours sur l\u2019art et l\u2019art lui-m\u00eame. Il semble en effet que ce qu\u2019on appelle la crise de l\u2019esth\u00e9tique soit une incapacit\u00e9 de nombreux discours philosophiques \u00e0 prendre en compte des \u0153uvres qui perturbent nos modes de pens\u00e9e [5]. Le but principal de l\u2019art contemporain n&rsquo;est justement plus de pr\u00e9senter la beaut\u00e9, puisqu&rsquo;il pr\u00f4ne souvent le d\u00e9tachement esth\u00e9tique. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on en vient \u00e0 reprocher \u00e0 cet art d&rsquo;\u00eatre \u00ab&nbsp;ennuyeux&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;sans contenu&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;sans talent&nbsp;\u00bb, voire de dissimuler un grand vide avec des \u00ab \u00e9lucubrations intellectuelles&nbsp;\u00bb ou des \u00ab&nbsp;trucages&nbsp;\u00bb. Le manque d\u2019unit\u00e9 et d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des \u0153uvres m\u2019a tourn\u00e9 vers l\u2019esth\u00e9tique du pluralisme renvoyant&nbsp; \u00e0 la diversit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique. Enfin, la recherche des valeurs esth\u00e9tiques ressemblantes dans chaque jeu de langage de l\u2019art m\u2019a conduit \u00e0 l\u2019apprentissage des pratiques artistiques. A chaque niveau de ma pens\u00e9e sur la rationalisation de l\u2019esth\u00e9tique, j\u2019ai cess\u00e9 de philosopher sur l\u2019art pour abandonner l\u2019id\u00e9e d\u2019autonomie du jugement de go\u00fbt par rapport au jugement de connaissance. J\u2019ai donc commenc\u00e9 ma r\u00e9flexion sur l\u2019art suite \u00e0 un int\u00e9r\u00eat et une excitation g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la probl\u00e9matique des pratiques artistiques et, en ce sens, je souscris totalement \u00e0 l\u2019id\u00e9e de Lichtenstein que le philosophe doit travailler non seulement <em>\u00e0 partir<\/em> de l\u2019art, mais aussi <em>par<\/em> l\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cette perspective, Lichtenstein veut souligner l\u2019ignorance r\u00e9elle dans la pens\u00e9e philosophique esth\u00e9tique en France. Tout l\u2019enseignement esth\u00e9tique aujourd\u2019hui est obs\u00e9d\u00e9 par cette id\u00e9e de l\u2019irrationalit\u00e9, de la spontan\u00e9it\u00e9 du jugement esth\u00e9tique. Il y a un usage fran\u00e7ais de Kant et du Kantisme comme s\u2019il n\u2019y avait eu aucune pens\u00e9e avant Kant. On ignore les pens\u00e9es de Raphael, Poussin, La Rochefoucauld ou m\u00eame de Hegel, puisqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019histoire de l\u2019art et non pas de la philosophie. Au XVII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, La Rochefoucauld comme beaucoup d\u2019autres philosophes contemporains conf\u00e8re un double sens au jugement de go\u00fbt [6]. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, il y a le go\u00fbt comme pr\u00e9f\u00e9rence qui nous porte vers les choses. \u00c0 cela s\u2019appliquent le d\u00e9sir, les sentiments du plaisir, l\u2019amour. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, il y a le go\u00fbt comme connaissance, le discernement. Il s\u2019agit d\u2019un acte de la raison. Par cons\u00e9quent, le go\u00fbt fin et d\u00e9licat contient le d\u00e9sir aussi bien que le discernement. Cette id\u00e9e au fond est tr\u00e8s ancienne puisque l\u2019on trouve cette synth\u00e8se entre la raison et le plaisir, entre l\u2019acte rationnel et la pr\u00e9f\u00e9rence dans l\u2019Antiquit\u00e9. On voit que ce deuxi\u00e8me sens du mot go\u00fbt, appartenant \u00e0 la raison, va dispara\u00eetre dans le jugement esth\u00e9tique \u00e0 partir de Kant. Kant nous demande ne pas disputer de go\u00fbt, car il n\u2019est pas fond\u00e9 sur des preuves empiriques ou rationnelles [7]. Il s\u2019ensuit qu\u2019une r\u00e8gle universelle d\u2019apr\u00e8s laquelle on pourrait d\u00e9terminer objectivement la beaut\u00e9 n\u2019a pas de sens. Ce qui constitue notre jugement esth\u00e9tique est un sentiment de satisfaction qui est toujours singulier. Dans cette exp\u00e9rience personnelle, la sensation du plaisir postule la possibilit\u00e9 d\u2019un jugement esth\u00e9tique qui puisse \u00eatre valable en m\u00eame temps pour tous. Tel assentiment universel renvoie \u00e0 un sens commun esth\u00e9tique qui n\u2019est ni cognitif, ni logique, mais qui est communicable \u00e0 priori.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"196\" height=\"228\" src=\"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2020\/07\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-189\"\/><figcaption>Christopher Wool, Apocalypse Now, 1988<\/figcaption><\/figure><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"175\" height=\"226\" src=\"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2020\/07\/image-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-190\"\/><figcaption>Francis Bacon, Autoportrait, Huile sur toile, 1969<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fois que le jugement de go\u00fbt a \u00e9t\u00e9 diff\u00e9renci\u00e9 de celui de la connaissance, l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de cette sph\u00e8re esth\u00e9tique ouvrait la porte, soit \u00e0 un irrationalisme, soit \u00e0 un nouveau rationalisme dogmatique [8]. L\u2019interpr\u00e9tation kantienne de l\u2019art ne nous permet pas de prendre au s\u00e9rieux les \u0153uvres d\u2019art contemporain. Regardant, par exemple, une \u0153uvre de Christopher Wool, on est incapable de porter notre jugement de go\u00fbt sur la sensation ou l\u2019expression de soi. Il faut rendre compte de la dimension conceptuelle de cette \u0153uvre au nom d\u2019un plaisir sublim\u00e9 par l\u2019intelligence. M\u00eame si ces raisons ne peuvent pas nous forcer \u00e0 \u00e9prouver du plaisir par rapport \u00e0 une \u0153uvre particuli\u00e8re, elles peuvent n\u00e9anmoins nous faire reconna\u00eetre un jugement selon lequel une \u0153uvre est r\u00e9ussie. Je peux, par exemple, donner des raisons \u00e0 quelqu\u2019un pour lesquelles on peut consid\u00e9rer <em>Autoportrait <\/em>de Francis Bacon une \u0153uvre r\u00e9ussie. Mon raisonnement s\u2019appuierait sur la description de la technique unique que Bacon utilise en faisant cette peinture. En m\u00eame temps, cette \u0153uvre ne me plait pas visuellement puisqu\u2019elle me semble repoussante, cruelle et terrifiante. R\u00e9instaurer la sensibilit\u00e9 kantienne signifierait donc accepter le principe d\u2019un art qui rompt avec le principe d\u2019expression de l\u2019art contemporain. A cet \u00e9gard, si on veut s\u2019abstenir de l\u2019irr\u00e9ductibilit\u00e9 absolue du ph\u00e9nom\u00e8ne artistique, il faut prendre appui sur la rationalit\u00e9 esth\u00e9tique qui admet la justification des jugements par l\u2019argumentation, \u00e0 savoir les raisons de l\u2019art. Or, je me sens pleinement en accord sur l\u2019id\u00e9e d\u2019une forme de rationalit\u00e9 dans le jugement esth\u00e9tique fond\u00e9 sur l\u2019art que Lichtenstein d\u00e9fend dans son livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est en ce point qu\u2019il faut faire r\u00e9f\u00e9rence aux apprentissages et au r\u00f4le de l\u2019exp\u00e9rience artistique dans l\u2019enrichissement, le d\u00e9veloppement et l\u2019\u00e9laboration du jugement esth\u00e9tique. Lichtenstein montre en effet qu\u2019il faut pratiquer l\u2019art pour bien voir [9]. Il faut avoir un rapport concret et mat\u00e9riel pour exercer l\u2019\u0153il. Or, Lichtenstein reprend cette id\u00e9e de pratique d\u2019art amateur du XVIII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, o\u00f9 on apprenait \u00e0 peindre, \u00e0 dessiner, \u00e0 faire des aquarelles. Elle expose les arguments de Du Bos et de Caylus comprendre la pens\u00e9e du spectateur ignorant qui illustre ce rapport entre la th\u00e9orie et la pratique. Il s\u2019agit d\u2019un \u00e9loge de l\u2019amateur qui a une exp\u00e9rience de l\u2019art, mais qui n\u2019est pas partial comme l\u2019artiste ou le collectionneur. L\u2019ignorant peut voir ou entendre certaines choses que l\u2019artiste ne peut pas. Il est possible que trop savoir rende indisponible sur ce que l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique aurait permis d\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 et de surprise. Ce qui est en jeu tout particuli\u00e8rement, c\u2019est l\u2019apprentissage des affects de l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique et ses comparaisons. Or, la connaissance d\u2019ordre intellectuelle contribue \u00e0 former notre go\u00fbt en affinant sa d\u00e9licatesse. La conception de Lichtenstein me donc semble v\u00e9ritablement une th\u00e9orie du \u00ab&nbsp;connaisseur&nbsp;\u00bb au sens humien que j\u2019approuve \u00e9videmment. Chez Hume, \u00e0 chacun son go\u00fbt, mais pas au point de dire que chaque jugement se vaut [10]. Dans l\u2019exp\u00e9rience du go\u00fbt norm\u00e9, il y a l\u2019absence de pr\u00e9jug\u00e9 et la juste disposition appropri\u00e9e \u00e0 l\u2019objet. La finesse de la perception consiste dans la concentration, la comparaison, l\u2019attention, la consid\u00e9ration de toutes les composantes de l\u2019objet sous divers angles. Contrairement \u00e0 Kant, Hume admet la connaissance dans le jugement de go\u00fbt puisque il y a la place pour une pratique d\u2019\u00e9ducation du go\u00fbt norm\u00e9. Ceci conduit \u00e0 dire que l\u2019appr\u00e9ciation esth\u00e9tique de l\u2019amateur de Lichtenstein renvoi \u00e0 celle de l\u2019expert de Hume. Elle est ni imm\u00e9diate ni facile, et requiert une finesse de discernement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour conclure, la lecture de <em>Les Raisons de l\u2019art<\/em> suffira \u00e0 emporter la conviction que l\u2019art a ses raisons que l\u2019esth\u00e9tique ignore. Il s\u2019agit de la technique et la pratique artistique sur lesquelles le philosophe ne rend compte que d\u00e8s qu\u2019il a acquis le monopole de la r\u00e9flexion sur l\u2019art. Il revient donc au philosophe de cesser de th\u00e9oriser sur l\u2019art et le beau sans rapport aux \u0153uvres. Lichtenstein voit dans l\u2019alliance entre les discours th\u00e9orique et la pratique artistique la seule logique de l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique. Les r\u00e8gles de l\u2019art imposent que le go\u00fbt n\u2019est plus seulement cette facult\u00e9 d\u2019avoir ou non de la pr\u00e9f\u00e9rence. Il y a aussi la place pour le discernement des raisons du beau. C\u2019est dans ce jeu rationnel devant l\u2019\u0153uvre que s\u2019\u00e9labore le plaisir du spectateur. Or, l\u2019esth\u00e9tique n\u2019est pas philosophiquement vaine d\u00e8s lors qu\u2019elle parle de cette exp\u00e9rience de plaisir encadr\u00e9e par les raisons de l\u2019art. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences:<\/h3>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Baumgarten subsume la beaut\u00e9, les beaux-arts, le go\u00fbt, l\u2019exp\u00e9rience sensible sous le m\u00eame concept de l\u2019esth\u00e9tique. En affirmant la dimension cognitive de l\u2019esth\u00e9tique, il \u00e9tablit une synth\u00e8se entre l\u2019art et la science. Voir J. Lichtenstein, <em>Les Raisons de l\u2019art<\/em> p.31-32.<\/li><li>Sur ce sujet voir E. Kant, <em>Critique de la Raison pure<\/em>, trad. A. Renault, Flammarion, 2006.<\/li><li>J. Lichtenstein, <em>Les Raisons de l\u2019art<\/em>, p. 175.<\/li><li><em>Ibid<\/em>. p. 29.<\/li><li>Quant \u00e0 la crise de l\u2019esth\u00e9tique, Lichtenstein fait r\u00e9f\u00e9rence au livre de Jacques Ranci\u00e8re, <em>Malaise dans l\u2019esth\u00e9tique<\/em> (2004), o\u00f9 l\u2019esth\u00e9tique se porte tr\u00e8s mal. Il s\u2019agit d\u2019un mauvais proc\u00e8s qui se contente le plus souvent de fausses querelles et qui n\u2019aboutit jamais v\u00e9ritablement \u00e0 une critique radicale. Voir J. Lichtenstein, <em>Les Raisons de l\u2019art<\/em>, p. 173-174.<\/li><li>Fran\u00e7ois La Rochefoucauld, Maximes et R\u00e9flexions diverses, p. 162.<\/li><li>E. Kant, <em>Critique de la facult\u00e9 de juger<\/em>, \u00a733<\/li><li>Un irrationalisme dans l\u2019art suppose qu\u2019il n\u2019y a plus de crit\u00e8res esth\u00e9tiques et tout se vaut. Un rationalisme dogmatique, par contre, d\u00e9finit le domaine de l\u2019art \u00e0 partir d\u2019un canon artistique. Sous canon, il s\u2019agit de l\u2019argument d\u2019autorit\u00e9 qui na\u00eet du consensus d\u2019un milieu ou de la d\u00e9marche transcendantale au sens kantien qui pr\u00e9d\u00e9finit un domaine d\u2019exp\u00e9riences esth\u00e9tiques. Sur ce sujet voir Rainer Rochlitz, <em>Subversion et Subvention. Art contemporain et Argumentation esth\u00e9tique<\/em>,&nbsp; Gallimard, 1994, p. 84-86.<\/li><li>J. Lichtenstein, <em>Les Raisons de l\u2019art<\/em>, p.94-110.<\/li><li>D. Hume, <em>Essai sur l\u2019art et le go\u00fbt<\/em>, p. 75-124.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bibliographie&nbsp;:<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Hume, David, <em>Essais sur l\u2019art et le go\u00fbt<\/em> [1752], \u00e9dition bilingue, Paris, Vrin, 2010.<\/li><li>Kant, Immanuel,&nbsp;<em>Critique de la facult\u00e9 de juger<\/em>&nbsp;[1790], trad. A. Philonenko, Paris, Vrin, 2000.<\/li><li>Kant, Immanuel, <em>Critique de la Raison pure<\/em>, trad. A. Renault, Flammarion, 2006.<\/li><li>La Rochefoucauld, Fran\u00e7ois, <em>Maximes et R<\/em><em>\u00e9flexions diverses<\/em>, Flammarion, 1999.<\/li><li>Lichtenstein, Jacqueline, <em>Les Raisons de l\u2019art. Essai sur les th\u00e9ories de la peinture<\/em>, Gallimard, 2014.<\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u2009On ne fait pas de la peinture avec des id\u00e9es.\u2009\u00bb Jacqueline Lichtenstein Les Raisons de l\u2019art de Jacqueline Lichtenstein est une tentation de repenser l\u2019esth\u00e9tique d\u2019aujourd\u2019hui priv\u00e9e de son objet et de contenu artistique. Il y a deux mani\u00e8res de concevoir le mot esth\u00e9tique, invent\u00e9 au XVIII\u00e8me si\u00e8cle. Soit nous concevons l\u2019esth\u00e9tique comme une th\u00e9orie [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[18,50,17,19,51],"tags":[],"class_list":["post-188","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-esthetique","category-philosophie-de-j-lichtenstein","category-philosophie-du-21e-siecle","category-philosophie-francaise","category-quest-ce-qui-est-le-jugement-esthetique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/188","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=188"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/188\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":454,"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/188\/revisions\/454"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=188"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=188"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/postulat.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=188"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}